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Charles Alphonse Allais

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Humoriste, poète à ses heures, Allais est né à Honfleur, et, qui pis est, dans une pharmacie : cela ne semblait pas le destiner immanquablement à la carrière d'amuseur. C'est pourtant ce qui se passe : après avoir montré tout jeune son sens de la blague, il passe son bac, fréquente au cours de quelques stages les Homais de la capitale, « fait son armée », s'inscrit enfin à l'École de pharmacie et y passe quelques examens.
Là s'arrêteront les études du bon jeune homme. Allais, qui dès 1876 adressait à sa sœur un petit feuilleton épistolaire (le Petit Marquoir), choisit en effet d'écrire : à cette époque, il a déjà rencontré Charles Cros et Sapeck, une figure célèbre du quartier Latin — surtout, il a participé dès 1878 à la société des Hydropathes : il écrit d'ailleurs dans l'organe du « mouvement » avant de se séparer de celui-ci, ainsi que Sapeck, pour fonder l'école fumiste. Allais publie aussi des textes dans les Écoles, le Tintamarre et même L'Anti-Concierge!
En 1884, il participe à un Salon des incohérents, qui est une sorte de charge contre les écoles esthétiques du moment : on y « entendra », entre autres, une Marche funèbre composée pour les funérailles d'un grand homme sourd (une sublime série de mesures vides). En 1885, il devient le rédacteur en chef du Chat-Noir : il était déjà l'un des animateurs principaux du cabaret lancé par R. Salis. Quelques monologues publiés entre 1887 et 1891 précèdent A se tordre (1891), le premier d'une longue série de recueils. Les œuvres « anthumes » comprennent en effet Vive la vie! (1892), le Parapluie de l'escouade (1893), Pas de bile (1893), Rose et Vert-Pomme (1894), Deux et deux font cinq (1895), On n'est pas des bœufs (1896), le Bec en l'air (1897), Amours, délices et orgues (1898), Pour cause de fin de bail (1899), Ne nous frappons pas (1900), le Captain Cap (1902), où Allais rassemble les meilleures de ses chroniques — celles, par exemple, du Journal, auquel il collabore en même temps qu'au Sourire.
Entre deux mystifications et trois apéritifs, Allais trouve encore le temps de faire représenter plusieurs pièces, de voyager aux États-Unis et au Canada, de se marier enfin — tout cela dans la seule année 1894. Par la suite, il quitte Paris en 1900 pour habiter dans le Midi, d'où il envoie ses articles chaque semaine. Cette vie plus calme ne lui rend pourtant pas une santé depuis longtemps compromise puisqu'il meurt en 1905.
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