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Jean Louis Forain

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| • Nationality: French |
| • Roles: Artist, Printmaker, Painter, Lithographer, Sculptor, Caricaturist, Peintre á la Gouache, Aquarelliste, Pastelliste, Graveur, Lithographe, Dessinateur, Illustrateur, Caricaturiste, Affichiste |
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Né le 23 octobre 1852 à Reims (Marne). Mort le 11 juillet 1931 à Paris.
XIXe-XXe siècles. Français. Peintre de compositions à personnages, figures, peintre à la gouache, aquarelliste, pastelliste, graveur, lithographe, dessinateur, illustrateur, caricaturiste, affichiste. Impressionniste.
Il était fils d'un peintre en bâtiment et fut apprenti chez un graveur de cartes de visites. Il fut brièvement élève de Gérôme et Carpeaux à l'École des Beaux-Arts de Paris, mais assidu au Louvre, où il copiait les maîtres. On rapporte que, durant un certain temps, il vécut de la vente précaire de petits dessins dans le goût de Grévin. Puis, collaborateur de diverses publications comme dessinateur chroniqueur, débutant en 1876 à La Cravache, puis collaborant aux périodiques Le Journal amusant Le Figaro, L'Écho de Paris, il fut amené à fréquenter les différents milieux qui constituaient la société parisienne : le monde du théâtre, des spectacles, le monde des lettres, notant d'un trait critique les tics et travers propres à chacun de ces cercles. Il entrait ainsi dans une voie très caractéristique de cette époque, qu'illustraient déjà Steinlen, Caran d'Ache ou Toulouse-Lautrec, dans leurs revues : La Pléiade, La Vogue, La Revue blanche. En tant que peintre, il exposa, avec ses amis impressionnistes Monet et Degas, au Salon officiel en 1884 et 1885, certaines sources indiquent également 1879,1880,1881. En 1995, la Fondation de l'Hermitage à Lausanne a réuni une exposition d'ensemble de son œuvre ; en 1996 à Paris, exposition à la galerie Hopkins-Thomas.
Il s'agissait de tracer, non par l'image strictement imitative, mais par le dessin-charge, le tableau de la société d'une époque. En 1880, il a illustré les Croquis Parisiens de J.-K. Huysmans. Cependant, la société de cette époque, qui fut qualifiée de « belle », foisonnait de scandales mondains ou demi-mondains, financiers, boursiers, politiques. Forain s'était acquis une réputation non surfaite pour ses « bons » mots, qui en fait étaient féroces. Beaucoup sont restés célèbres, la plupart ont été sans doute inventés, mais on ne prête qu'aux riches. Les journaux auxquels il collaborait ne lui offraient pas suffisamment de liberté d'expression pour la causticité qui l'animait. La fondation du Courrier français, et plus tard celle du Rire lui permirent de donner libre cours à sa verve particulière. Le scandale politico-financier de la mise en liquidation judiciaire de la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique, en 1892, lui procura un terrain de choix pour l'observation des affairistes et politiciens véreux nageant dans les eaux troubles du monde judiciaire. Il prit alors l'initiative de réunir ses dessins en albums thématiques, dressant ainsi les parties d'un tableau de la société de son temps : 1982 L'Album Forain, La Comédie parisienne, 1893 Les Temps difficiles, Nous, vous, eux, 1897 Doux Pays. En 1898, « L'Affaire » battait son plein et divisait les Français en deux clans ; les demandes en révision du procès du capitaine Dreyfus, accusé de trahison, ne pouvaient plus être écartées par les pouvoirs publics. Ce fut l'année de la publication du « J'accuse » de Zola. L'innocence de Dreyfus allait éclater, et le complot politico-militaire être dévoilé. Forain se rangea du côté des opposants à la révision du procès et, avec Caran d'Ache, il fondait, en 1898-1899, le Pss't !, qui allait devenir le véhicule, d'autant plus féroce que talentueux, d'un antisémitisme qui trouva toujours sa clientèle. Forain fonda encore le journal Le Fifre, enfin, il fut l'un des membres-fondateurs de la Société des Humoristes. De 1914 à 1920, il donna au Figaro une longue série d'illustrations concernant les faits de la guerre de 1914-1918, dans lesquelles il opposait l'héroïsme des soldats à la lâcheté des « planqués » de « l'arrière ». À la suite d'une crise religieuse, il consacra la fin de sa vie à des sujets pieux, où il ne semble pas qu'il put déployer ce qui constituait le fond de son talent, à quoi une certaine méchanceté n'était
pas étrangère. Il fut fait chevalier de la Légion d'honneur en 1893. Il fut ensuite comblé d'honneurs et élu membre de l'Institut de France.
Outre ses nombreuses collaborations aux journaux et revues de son temps, Forain a gravé à l'eau-forte et surtout a produit quatre-vingt-neuf lithographies, dont quelques affiches. D'entre les albums de dessins qu'il a publiés, certains comportaient des suites nombreuses: les deux-cent-cinquante dessins de La Comédie parisienne, les cent-quatre-vingt-neuf dessins de Les Temps difficiles, etc. Il a aussi illustré quelques ouvrages littéraires : 1920 Les Pantins de Paris de Gustave Coquiot, 1931 Les Tribunaux de Georges Courteline ou participé à l'illustration de : 1880 La vraie tentation du grand saint Antoine de Paul Arène, 1891 Chansons fin de siècle de J. Oudot, 1922 Montmartre immortel de É. Bayard.
Lors de ses tout débuts, il peignit des aquarelles, inspirées des mises en page japonaises. Ensuite, même si cette partie de son œuvre est peut-être trop négligée, il poursuivit sa carrière de peintre et pastelliste, parallèlement à celle de dessinateur humoriste, Il est considéré que son admiration pour Manet et l'influence de Degas marquèrent tôt sa technique étendue, son style incisif et le choix de ses sujets, dans les aquarelles rehaussées de pastel et de gouache et les peintures à l'huile, aux notations colorées savantes, qui suivirent: coulisses des théâtres, cafés-concerts, bars, etc. On reproche à sa production picturale une certaine maladresse, peut-être en fait ici génératrice de fraîcheur, quand dans son dessin un excès d'habileté nuit à l'expression des sentiments. D'entre les thèmes qu'il y traita, il privilégia celui de la femme, mais la femme telle que lui la ressentait ou peut-être la pratiquait, c'est-à-dire bien plutôt la fille, aux yeux vides, au sourire figé, aux avantages et élégances fatigués, se situant sociologiquement à l'inverse d'un Constantin Guys. Si on voulait situer, non pas l'esprit de son dessin, dont a déjà été évoquée la causticité, plus sarcastique que révoltée, voire parfois de la pire origine, mais la qualité de son graphisme, par exemple en regard de ceux de ses contemporains, desquels au moins une partie de leur activité s'exerçait dans ce même sens de la charge, laissant de côté Steinlen, d'une inspiration plus humanitaire et tragique, il aurait en commun avec Daumier et Toulouse-Lautrec le sens du raccourci synthétique du trait, mais d'un caractère plus convenu, dans la façon de représenter les personnages, que Claude Roger-Marx dit réduits à : « quelques types puissants, mais d'une psychologie assez courte ». Moins lyrique-expressionniste que chez le romantique Daumier, moins « artiste », comme on disait alors, que chez Toulouse-Lautrec, précurseur des audaces stylistiques du XIXe siècle, le dessin de Forain, à l'inverse de sa verve caustique, pâtit de sa neutralité artistique.
Bibliography :
Marcel Guérin : J.-L. Forain lithographe et aquafortiste, avec catalogue raisonné, Floury, Paris, 1910-1912
Marcus Osterwalder: Diction, des illustrateurs 1800-1914, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1989.
Musées :
Memphis (Mus. Dixon) : ensemble de plus de cinquante œuvres - Paris (Mus. d'Orsay) : Au Café de la Nouvelle Athènes, aquarelle.
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This documentation appears courtesy:
E. Benezit : Dictionnaire des Peintres, Sculpteurs, Dessinateurs et Graveurs. Grund, Paris, 1999.
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